« AERONAVAL NE RIME PAS AVEC
DIALOGUE SOCIAL ! »
Compte rendu du groupe de travail aéronaval du 02.12.2004.
Le 02 décembre 2004 s’est tenu à la DG le 2ème
groupe de travail concernant la mise en place du dispositif aéromaritime.
En préambule, SOLIDAIRES DOUANES a demandé au président
de séance, M. BONNET, une réponse au courrier adressé
fin novembre au DG concernant le cas des 8 contrôleurs stagiaires
marins pont qui ne pourront continuer ou démarrer (pour deux d’entre
eux) leur spécialité. En effet, pour la première
fois aucun poste de marin-pont n’est offert en sortie de stage.
SOLIDAIRES DOUANES a de nouveau souhaité que les débats
portent sur le fond de la réforme : schéma directeur imposé
par le Secrétariat Général à la Mer - implantation
et cartographie – effectif, moyen et budget de cette réforme.
Que dire de ce groupe de travail ? Que la DG base sa réforme
sur l’implantation de patrouilleurs à BOULOGNE SUR MER et
BREST et veut nous vendre à tout prix le régime de travail
des 16/24ème (24h à bord du navire : 16h de travail comptabilisées+8
heures de repos), belle avancée sociale !
Réponses de M. BONNET :
I Cas des stagiaires de l’ENBD.
Ces 8 stagiaires ont été recrutés dans la spécialité
en qualité de marin-pont de catégorie C. Les catégories
B et C ne font pas les mêmes métiers. Leur inscription au
concours de contrôleur SU terrestre ne signifie pas forcement d’être
assurés de retrouver un poste dans leur spécialité
d’origine. "Tout spécialiste qui passe un concours prend
le risque de perdre la spécialité ».
Le bureau A/2 a précisé qu’il n'est pas en capacité
d’offrir des postes de marins pont B dans cette période.
L’administration anticipe sa réforme et jure pas ses grands
dieux que l’exercice est difficile et que la période est
atypique : la carte d’implantation des effectifs devant être
bouleversé, elle n'a aucun poste à offrir.
Après plus de deux heures de débat, BONNET propose de
maintenir la qualification des stagiaires qui pourront être prioritaire
sur une affectation maritime dès leur titularisation. La DG examinera
aux cas par cas la situation de ces 8 agents et une dérogation
à la règle des 3 ans de résidence sur le poste (nouveau
RP mutation) pourra être accordée. En fin de séance
BONNET s’est engagé à trouver une solution rapide
pour ces agents. Attendons de voir ?
DERNIERE INFO : Le DG par lettre adressée à l’ensemble
des organisations syndicales qui étaient intervenues pour les contrôleurs
stagiaires de l’ENBD accepte de proposer des postes de marin-pont
aux huit contrôleurs stagiaires de la 49éme session.
II Quand la DG veut nous vendre son 16/24ième.
La direction générale a basé la réforme
du dispositif aéromaritime sur l’achat de deux patrouilleurs
(14 millions €) et d’hélicoptères (42 millions
€) et son intégration dans le schéma directeur du SG/Mer
et de sa participation et son action dans le cadre de l’AEM (Action
de l’Etat en Mer).
Cette politique a pour conséquences la rationalisation des coûts
et des emplois. Ainsi le budget de fonctionnement qui sera alloué
au patrouilleur s’effectuera au détriment du parc naval actuel
et entraînera l’accélération de la réforme
de plusieurs vedettes.
Pour la constitution des équipages la DG envisage 65 agents par
patrouilleur soit un total de 130 personnes donc environ 15% de l’effectif
aéronaval actuel. Une nouvelle cartographie sera établie.
Orientation de la DG pour le patrouilleur :
- Le nombre d’équipage passe de 15 à 16 agents
par mission ;
- 65 agents au total pour l’unité, dont un secrétaire
;
- Le recrutement du commandant et du chef mécanicien sera effectué
sur profil ?
Régime de travail :
- Le cycle 6 jours de mer 18 jours de repos n’est pas immuable,
il y sera dérogé dès que besoin se fera sentir
(CA – remplacement d’un agent en CM- FP – Tir…).
En fait on nous annonce que le seul argument qui puisse attirer les
agents vers le patrouilleur (8 jours consécutifs à la
maison) ne tiendra pas la route.
- Aucune réponse concernant la prise des CA (deux bordées
en congés au mois de juillet, les deux autres au mois d’août
: absolument infaisable).
Nous pensons qu’il faut revoir dans sa totalité le programme
prévisionnel et le nombre de bordées.
Les 16/24ième :
La DG prévoit des missions de 6 jours en mer pour améliorer
la présence en mer de la douane. Les agents effectueraient 148
heures (144h de mer et 4 heures de relève) comptabilisées
100 heure.
Cette longueur de la mission est cependant en contradiction avec le décret
2002-155 du 08 février 2002 se rapportant à la dérogation
aux garanties minimales de durée de travail et de repos. (12 heures
de travail/ 8 heures de repos).
Le bureau A/3 représenté par M. BOUDET a indiqué
qu’un décret d’équivalence en Conseil d’Etat
dérogatoire au décret relatif aux 35H serait déposé
(une année de procédure) afin de pourvoir mettre en oeuvre
les 16/24ième.
La base de calcul de la durée annuelle de travail effective de
référence serait la même que la surveillance à
savoir 1507 heures (dérogation du régime général).
Les 1556 heures résultant de l’arrêté ministériel
du 08.02.2002.
Devant l’opposition de la parité syndicale, exception faite
du SNCD, au maintien de la notion des 16/24ième, l’administration
nous fait un chantage au patrouilleur et à l’avenir de l’aéronaval.
SOLIDAIRES DOUANES a répliqué : « M. BONNET, croyez-vous
acceptable un tel chantage alors que l’administration des douanes
est partie prenante dans l’AEM et doit être intégrée
dans le prochain schéma directeur du SG/MER. Ce n’est pas
sérieux ! ».
L’ensemble des OS a demandé, afin d’établir
un meilleur dialogue social, la constitution de quatre commissions spécifiques
techniques constituées d’experts et de représentants
syndicaux :
- principaux aspects techniques du patrouilleur ;
- formation professionnelle : modalité de fonctionnement et
rôle de l’équipage ;
- régime de travail et condition de travail (roulement, bordées
et quarts) ;
- communication et dispositif de l’aéromaritime.
III LES GRANDS PRINCIPES DE L’EVOLUTION DU DISPOSITIF.
Mme ORANGE-LOUBOUTIN (sous directrice de B) nous fait une analyse des
documents préparatoires à savoir une étude parcellaire
et statistique sur l’activité des unités aéromaritimes
:
- Analyse des résultats contentieux de 2001 à 2003 fait
apparaître une baisse ;
- Pas assez d’affaire de contrebande par rapport « au fond
de commerce de la fiscalité» ;
- Parc naval vieillissant et surdimensionné ;
- Baisse du nombre des visites des navires de commerce ;
- Le nombre moyen de reconnaissance par mission est de 3 navires ;
- Le nombre de contrôles physiques est en moyenne par BGC de
2.5 par jour ;
- Trop de contrôles de plaisance (86%) par rapport au commerce
et à la pêche.
- L’installation de deux patrouilleurs à BREST et BOULOGNE
sur Mer s’effectuera en lieu et place des 2 actuelles BGC et BSN.
- Un certain nombre d’unité seront supprimées,
fusionnées ou déplacées pour permettre une meilleure
répartition des unités maritimes, la DG considérant
que l’implantation actuelle n’est pas bonne. SOLIDAIRES
DOUANES estime que la DG n’est pas maître d’oeuvre
au regard de l’AEM et du schéma directeur du SG/mer.
- Actuellement les BGC effectuent en moyenne 75 jours à la mer
: la DG envisage dans la réorganisation des unités de
mettre sur certaines BGC 3 équipages.
- La DG s’oriente vers des missions de plus courte durée
avec éclairage aérien plus développé, elle
estime que les missions d’une durée de 36 heures n’est
pas forcément opérationnelle. Toujours dans un souci d’efficacité
sans doute, nous nous dirigeons vers des missions de jour (12H), d’une
nuit, de 24H….d’où la nécessité pour
la DG d’avoir trois équipages pour certaines BGC.
- Les doublons sur un même site (BGC/BSN) ne sont plus justifiés,
La DG considère qu’il s’agit d’une dispersion
des forces et des moyens.
- Renforcement des BAN et COD dans le domaine opérationnel et
dans la cadre de la réforme AG création de direction garde-côtes
avec en leur sein une cellule d’animation et de pilotage.
- Contrôle des navires avec synergie des unités de type
BSNQ du HAVRE (contrôle de navire à quai) – Pôle
de fouille de navires à quai sur les différentes façades
maritimes.
En conclusion nous arrivons à une grosse baisse de l’activité
en mer, mais il ne faut y voir aucune relation de cause à effet
avec le manque de carburant… sans doute.
IV CALENDRIER DE LA REFORME
- Courant janvier : réunion des commissions spécifiques
techniques.
- Fin janvier ou début février : tenue de groupes de
travail locaux concernant le dispositif par façade maritime (début
de la nouvelle cartographie).
- Fin mars ou début avril : groupe de travail national pour
finalisation de la réorganisation.
Les représentant de SOLIDAIRES DOUANES :
- Patrick OLLIVEAUD BGC SAINT-NAZAIRE
- Georges IRTEL BGC LE HAVRE
- Rénaldo PRATO.
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