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Les organisations syndicales des Douanes
CFDT CFTC CGT FO SOLIDAIRES UNSA
Paris le 5 juillet 2007
M. Jérôme FOURNEL
Direction générale des douanes et droits
indirects
23, bis rue de l’Université
75700 Paris 07 SP

OBJET : lettre ouverte des organisations syndicales
Monsieur le Directeur général,
Le projet de cahier des charges pour la mise
en œuvre de la réforme OPCO que vous nous avez présenté
le 2 juillet ne nous paraît pas répondre aux enjeux liés
à une modernisation pertinente du service public douanier au regard
des contextes politiques et économiques actuels. Outre qu'il déroge
à un nombre de points importants figurant au cadrage ministériel
de décembre qui a, nous vous rappelons, valeur contraignante en
ce qui vous concerne et n’a pas reçu notre assentiment. Il
fait état de notions développées unilatéralement
par l'administration, à l'image de la «masse critique»,
porteuses à notre sens de régressions majeures pour le service
public douanier. La définition nationale d’une politique
des contrôles est un préalable au test local d’un quelconque
cahier des charges.
En premier lieu, pour ce qui concerne le
cadrage ministériel, nous vous rappelons qu'il est absolument essentiel
que soit conservé au minimum un bureau de douane par département.
Nous réfutons toute tentative visant à vider cet acquis
essentiel et notamment la notion de structure OPCO minimale.
A notre sens, il est incontournable qu'un
tel cahier des charges comprenne les éléments suivants :
- En ce qui concerne le cadre communautaire, les implications du nouveau
code des douanes récemment adopté et de l'amendement sécurité
(règlement CE 648/2005) ainsi que ses dispositions d'application.
Ce qui signifie que vous devez intégrer à votre réflexion,
liste non exclusive, la mise en place de la nouvelle déclaration
sommaire sûreté au 01/07/09 mais également le nouveau
dispositif des Opérateurs Economiques Agréés en
mettant en place des moyens à la hauteur pour réussir
ces chantiers majeurs pour la future organisation douanière.
Sans compter les implications futures par les Dispositions d'Application
du Code, telles qu'elles seront adoptées par la suite. Nous vous
rappelons par ailleurs que la douane française est liée
par un certain nombre d'obligations communautaires, notamment en matière
de contrôle sanitaire tels qu'ils ressortent du règlement
CE 882/2004; celles-ci sont incontournables, et il s'agit que la douane
réponde présent tant en quantité qu'en qualité
à ces enjeux majeurs de sécurité de nos concitoyens;
- En ce qui concerne les missions, il s'agit d'en considérer
l'intégralité. Sauf à penser que la réforme
que vous envisagez n'entraîne aucune conséquence en matière
d'implantation de bureaux de douane, il est incohérent de vouloir
séparer la mission fiscale de celle du dédouanement, l'exemple
de la TVA tierce ou encore de la TGAP démontrant que les deux
domaines sont étroitement liés. Quoi qu’il en soit,
les missions fiscales sont englobées dans le cadrage ministériel.
Nous rappelons notre revendication de conserver au moins un bureau de
plein exercice par département, ceux-ci devant être en
capacité d'intervenir sur tous les domaines de compétence
d'un bureau de douane. Enfin votre notion de masse critique en dessous
de laquelle il ne saurait y avoir d'activité dédouanement
nous paraît incompatible avec l'exercice du service public douanier.
- En matière de politique des contrôles, nous réaffirmons
le caractère incontournable du maintien du contrôle physique
inopiné des marchandises. Il nécessite moyens humains
et technicité. N’est-il pas paradoxal de banaliser ces
contrôles alors que la DG utilise le terme «professionnalisation»
à tout bout de champ? Quels seront l’articulation, le contenu
et les modalités d’exercice des contrôles documentaires,
physiques, différés et à posteriori ?
- En ce qui concerne DELTA, nonobstant les obstacles techniques qui
devront être rapidement surmontés si l'on ne souhaite pas
une délocalisation massive de l'activité du dédouanement
vers les autres Etats Membres, il est essentiel que les personnels puissent
s'approprier sans difficulté les diverses applications. Dans
cet objectif, il est nécessaire que l'ensemble des applications
soient disponibles sur un seul écran et que les déclarations
présentes en circuit rouge dans le système soient signalées
par un dispositif sonore. De manière à préserver
la mission de contrôle, nous réitérons notre revendication
de communication des documents commerciaux conjointement à la
déclaration sous format dématérialisé;
- En matière d'emploi, la réforme OPCO doit être
envisagée à effectifs constants. Les gains de productivité
générés par la réforme doivent être
restitués à la DGDDI et notamment au renforcement de la
mission de contrôle;
- En ce qui concerne l’expérimentation réversible
de la centralisation comptable, l’aspect recouvrement est totalement
occulté. La prise en compte du rôle comptable du correspondant
de la RR n’est toujours pas réglée. De même,
le problème du suivi des marchandises saisies reste entier.
- En ce qui concerne la fonction accueil, celle-ci ne doit pas être
dissociée du bureau de douane. En lieu et place de la proximité
géographique, la notion d'«accessibilité»
renvoyant à une gestion de cette fonction par Infos Douanes Service
nous paraît parfaitement inadaptée. De plus, elle laisse
penser que l'ensemble des usagers de la douane disposent d'un accès
aux NTIC, ce qui n'est pas conforme à la réalité,
14 % des viticulteurs disposant selon une récente étude
du Ministère de l'Agriculture, d'un accès à internet.
- En ce qui concerne la formation professionnelle, la professionnalisation
que vous envisagez nécessite des moyens à la hauteur.
La formation en «cascade» qui est devenue la règle
montre en ce domaine ces limites.
- Concernant la mise en réseau d’unités ou l’adossement,
nous vous marquons notre opposition ferme.
- Nous refusons l’usage du SIGRID comme instrument de mesure de
l'activité qui doit faire l’objet d’un constat partagé
par les agents des bureaux concernés.
- Sur la phase de test sur trois DI et non plus trois DR: il s’agit
bel et bien d’un coup de canif aux engagements du cadrage ministériel.
Nous exigeons que celui-ci soit respecté.
- Nous vous rappelons une nouvelle fois que l’aspect social doit
faire l’objet d’un retour au ministère après
discussion en douane.
Enfin, nous vous demandons de présider
un nouveau groupe de travail au tout début septembre pour affiner
les lignes directrices du cahier des charges avant qu’il ne soit
discuté dans trois DR.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur
général, à l’assurance de notre considération
distinguée.
CFDT CFTC CGT FO SOLIDAIRES UNSA
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