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Valeur travail ou clientélisme ? (20 mars 2004).. |
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Valeur travail ou clientélisme ?.
Par contre, et c’est peut-être cela qui suscite tant de nostalgie et de volonté de revalorisation de la « valeur travail », il vrai qu’il est loin le temps où les salariés se dévouaient corps et âme à leur travail et leur entreprise. Désormais, les salariés, et particulièrement les plus jeunes, connaissent le chômage, la précarité et l’insécurité de l’emploi. Ils ne sont pas prêts à investir plus de considération envers leur employeur que celui-ci n’en a pour eux et ne sont pas dupes des discours moralisateurs qui leur parlent de « mérite » et d’ « effort ». En quoi ont-ils démérité, ces salariés qui après bien des années de travail, se retrouvent sur le carreau par la grâce d’un licenciement économique ? Ou par une transaction qui évitera toute poursuite aux prud’hommes à ces employeurs soucieux de baisser la moyenne d’âge de leur salariat, et en corollaire, leur masse salariale ? Comment mettre en avant le goût du travail quand celui-ci n’est
plus une référence de l’enrichissement ? Pourquoi
les salariés valoriseraient-ils le travail, alors que celui-ci
n’est pas récompensé ? Parler de valorisation des
revenus du travail par rapport aux revenus de "l’assistance"
(en fait la protection sociale pour laquelle les salariés cotisent)
en baissant le barème de l’impôt sur le revenu, comme
c’est le cas depuis plusieurs années, contient une bonne
dose d’hypocrisie. Ceux qui bénéficient de ces mesures
sont les plus aisés, qui paient le plus d’impôts, qui
bénéficient déjà bien souvent des meilleures
augmentations de salaires, et non ceux qui ont les plus faibles salaires,
et dont le pouvoir d’achat stagne ou diminue. La valorisation du
travail dont on nous parle alors a alors un nom : le clientélisme.
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