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>Ras l'bol > Appel
contre l'avant projet de loi sur "la criminalité organisée"
(18 mars 2003). |
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Appel contre l'avant projet de loi sur “la criminalité organisée”.Pour la défense. du rôle constitutionnel de la justice de garantir les libertés individuelles.La lutte contre la terrorisme, puis la”sécurité quotidienne”, puis la “sécurité intérieure” ont été les prétextes au recul historique des libertés et de l’état de droit depuis 2 ans. Demain, la lutte contre la criminalité organisée sera la
nouvelle justification de la restriction des libertés individuelles,
en application d’une notion facilement instrumentalisable. Elle
pourra accentuer la criminalisation des mouvements sociaux ( en cas de
séquestration dans une entreprise par exemple) . De plus, ce projet
de loi est un leurre, car il existait déjà un arsenal législatif
suffisant en matière de bande organisée; d'autre part ce
projet ne prend absolument pas en compte l'aspect transnational de la
véritable criminalité organisée et la nécessité
de la construction d'un espace judiciaire européen. Le recul des droits de la défense et de la présomption d’innocence. Le projet de lutte contre la criminalité organisée va
permettre, dans de nombreux cas, de placer 4 jours et 4 nuits en garde
à vue une personne. Rappelons que la garde à vue est normalement
limitée à 48 h . Plus celle-ci dure et plus les risques
d’atteintes aux droits de la défense sont grands. L'allongement
de la durée de la garde à vue consacre une culture de l'aveu
et fait de l'exception la règle, au mépris des garanties
procédurales. Ce texte constitue donc une régression injustifiable
des droits de la défense et un risque possible d’arbitraire.
L’accroissement infini des prérogatives policières.Le projet “criminalité organisée”, préparé par le Garde des Sceaux, étend à de nombreuses infractions le pouvoir de la police sur le modèle des enquêtes en matière de terrorisme, dans une phase de l’enquête policière où la procédure est secrète et sans avocat: -Perquisitions de nuit, écoutes téléphoniques,"infiltrations" par la police (avec toutes les dérives imaginables!) seront possibles, y compris en enquête préliminaire, à l'encontre des personnes soupçonnées de s'entendre pour commettre une infraction contre les personnes, en bande organisée. -Doublement de la durée de l'enquête de flagrance, de 8
jours à 15 jours qui donne aux seuls policiers de grands pouvoirs
de perquisitions et d'investigations, pour toutes les infractions. La marginalisation de la fonction de juger au profit d'un parquet tout puissant. Le projet de loi prévoit, outre le choix du juge du pôle
de criminalité organisée par le parquet, en fonction d'infractions
à géométrie variable, une procédure de jugement
en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité,
pour les délits les plus courants, qui permettra au parquet de
faire entériner par un juge des peines pouvant aller jusqu'à
6 mois d'emprisonnement fermes; cette procédure élimine
le juge, élude la question de la culpabilité, et réduit
les droits de la défense, surtout pour les personnes les plus démunies
face à la complexité de la justice. Premiers signataires :CGT Police, Ligue des Droits de l'Homme (LDH), SNUDDI (syndicat national unitaire des douanes et droits indirects) , Sud Douanes, Sud intérieur, Syndicat des Avocats de France (SAF), Syndicat de la Magistrature (SM), Syndicat de la Police Nationale. Contact: Syndicat de la Magistrature |
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