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La réponse d'un candidat

 

Suite à notre Droit de réponse à un candidat, que vous pourrez relire ci-dessous, nous avons reçu aujourd'hui une réponse de celui-ci qui nous laisse, dirons nous, pour le moins dubitative... Chacun d'entre vous jugera:

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Droit de réponse à un candidat

 

Paris, 21 février 2007

 

 

M. Nicolas Sarkozy

Candidat de l’UMP à l’élection présidentielle

18 rue d’Enghien

75010 PARIS

Objet: Vos déclarations sur les effectifs de la Douane ce jour sur RTL et au Parisien

Monsieur Sarkozy,

Nous avons entendu avec stupéfaction vos propos de ce jour sur RTL, lorsque vous avez cité l’exemple de la douane qui «avec 20000 fonctionnaires, se trouve au même niveau d’effectifs qu’en 1980, alors qu’entre temps, on a supprimé les frontières dans l’union européenne». Cet exemple des douaniers semble être devenu l’un de vos principaux arguments  puisque votre porte-parole, Mme  Rachida Dati, l’a elle aussi utilisée dimanche dernier sur Canal + tel que vous-même l’utilisez aussi dans une interview au Parisien de ce jour.

Nous nous permettons de vous rappeler quelques données chiffrées si en 1980, le nombre de douaniers était de 20251, il n’est plus aujourd’hui que de 19 052,21 en ETPT mode LOLF). Ce qui fait tout de même 1200 fonctionnaires de moins. Ce sont d’ailleurs des chiffres qui ne doivent pas vous être parfaitement inconnues puisque vous avez été Ministre du budget en 1993 puis Ministre des Finances en 2004 et que nous avons eu l’occasion d’échanger à ce sujet.

Nous nous permettons d’ailleurs de vous rappeler les termes de votre discours à l’école nationale des douanes à La Rochelle, le 16 avril 2003. Vous aviez alors évoqué l’ouverture du grand marché intérieur, en soulignant l’importance de la place de la douane et son «rôle bien spécifique à jouer» de par sa «mission singulière qu’est la police des marchandises». Vous aviez d’ailleurs souligné la place de notre administration dans le dispositif de protection du citoyen, lors des crises sanitaires par exemple et «qui s’impose comme un triple impératif, sanitaire, économique et financier». Il ne s’agit là que d’un exemple, nous pourrions reprendre d’autres citations de vos discours allant dans le même sens.

Nous ne vous ferons pas non plus l’injure de vous rappeler que depuis 1980 la quantité de marchandises en circulation a augmenté de manière exponentielle. Il suffit  de se rendre par exemple au port du Havre, à Roissy ou au port de Gennevilliers pour le constater. Et pour cause, la mondialisation des échanges n’en était qu’à ses débuts en 1980. Et que depuis lors, on estime que le volume des échanges mondiaux est multiplié par deux tous les 10 ans.

Entrer dans votre mode de raisonnement, moins de frontières égal moins de douaniers, reviendrait, par exemple,  à réduire le nombre de médecins dés que la recherche met au point un vaccin. Or, nous savons bien que, comme pour le nombre de maladies, les fraudes économiques, les échanges de marchandises, loin de se réduire se multiplient tout comme la nécessité de maintenir et d’accroitre notre vigilance et nos contrôles. 

Les bureaux de douanes sont le lieu privilégié du contrôle physique de la marchandise, qui, si elle n’est pas conforme aux prescriptions réglementaires et fiscales, ne pourra pénétrer le territoire douanier de la Communauté Européenne.

Même s’il est vrai que la Commission Européenne milite pour diminuer fortement l’action de contrôle de la douane, il n’en reste pas moins vrai que suite aux événements du 11 septembre et aux récentes crises sanitaires, vache folle notamment, elle impose aux Etats membres d’assurer aux points d’entrée de la Communauté des contrôles stricts de sécurité des marchandises.

Vous n’ignorez pas non plus qu’outre atlantique, une telle proposition paraîtrait particulièrement incongrue à l’heure où le gouvernement américain ne cesse d’augmenter les effectifs de douaniers, en raison notamment des logiques sécuritaires qui sont l’œuvre depuis les évènements précités. D’ailleurs la commission européenne met en place un dispositif identique, applicable à compter de 2009, qui aura pour effet de multiplier le nombre de déclarations par deux.   

Il est exclu qu’en diminuant drastiquement le nombre d’implantation de services et les effectifs déjà insuffisants, la douane parvienne à les assurer. C’est tout simplement la protection de notre économie et de nos concitoyens qui est en cause.

Pour nous, la douane doit être et rester une police efficace de la marchandise et à ce titre disposer des moyens nécessaires pour assurer cette mission régalienne essentielle au service de l’ensemble des citoyens, c’est une urgence vitale pour notre économie.

Nous espérons que fort de ces éléments vous pourrez revoir votre argument de campagne et nous restons à votre disposition pour des éclairages complémentaires et toutes rencontres sur ce sujet majeur pour notre pays.

Je vous prie d’agréer, monsieur Sarkozy, l’expression de nos sentiments respectueux.

  

 

© Solidaires-Douanes 2007