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Cheminots syndicalistes pour une autre Europe :
Non au projet de constitution européenne !
La "constitution", adoptée par les chefs
d’Etat et de gouvernement le 18 juin 2004,
fixe dans le détail toutes sortes de choix
politiques, économiques, sociaux qui relève
d’un débat démocratique régulier. Cet
ensemble de dispositions précises et
contraignantes va toujours dans le même
sens : la domination du marché, la liberté
d’action des capitaux et des firmes
transnationales. Au fronton de cet édifice
est inscrit le principe fondateur de l'Union
européenne : celui d’une "économie de
marché ouverte où la concurrence est libre
et non faussée ".
Cet objectif, qui est au coeur des traités
européens, nourrit les attaques contre la
protection sociale, l’incitation à
l’allongement de la durée du travail et sa
flexibilisation, l’encouragement à la
régression sociale dans chacun des pays de
l’Union Européenne. Les droits des chômeurs
et des salariés sont remis en cause comme
le traduit le projet de directive sur le temps
de travail. Le chômage et la précarité s’accroissent sous l’effet des politiques économiques libérales.
C’est aussi ce principe qui, malgré toutes les
déclarations d’intentions sur les Services
d’Intérêt Général, organise les ouvertures à
la concurrence et les privatisations. C’est lui
qui encourage les délocalisations et le
dumping social à l’image du projet de
directive de libéralisation des services
(Bolkenstein).
La Charte des droits fondamentaux y a été
intégrée. Mais, d’une part, elle ne crée pas
de droit social européen susceptible de
rééquilibrer le droit de la concurrence qui
restera, de fait, le seul droit de nature
réellement communautaire. D’autre part
elle est inacceptable sur de nombreux points
: elle remplace le droit à l’emploi par le
droit de travailler, elle ne reconnaît pas le
droit de grève européen et elle refuse
l’égalité des droits de ceux qui résident en
Europe sans posséder la nationalité d’un
Etat membre.
Si ce texte est ratifié, l’accord des 25 Etats membres sera ensuite nécessaire
pour le modifier, ce qui sera, de fait, quasiment impossible. Ainsi, non
seulement les choix de politiques économiques échapperaient au débat public
et à la décision démocratique, mais tout avancée sociale, notamment par une
amélioration de la Charte des droits fondamentaux, deviendrait chimérique.
Les abandons de souveraineté se font au
profit d’instances indépendantes comme la
Commission ou la Banque centrale
européenne dont la seule mission est de
maintenir la stabilité des prix et de bloquer
les politiques budgétaires au détriment des
services publics, des revenus sociaux, des
rémunérations et de l’emploi. Cette Europe
se construit sans les peuples dans lanégociation opaque entre les
gouvernements.
Cette Europe libérale là favorise l’essor
dangereux des populismes réactionnaires,
des droites souverainistes", de l’extrême
droite xénophobe. Il est urgent de donner à l’Europe de
nouvelles fondations qui l’émancipent du
libéralisme financier prédateur, qui la
réconcilient avec le progrès social, la paix,
la démocratie, le développement
soutenable, la coopération entre les peuples
de la planète.
Nous sommes des partisans résolus d’un
monde, et donc d’une Europe, mobilisé
contre le chômage, la précarité et la
dégradation du cadre de vie. Il faut
renforcer les garanties sociales, coordonner
les politiques économiques et harmoniser les
fiscalités, développer des Services d’intérêts
généraux à l’échelle européenne pour faire
pendant à la libre concurrence. Il faut
mettre en oeuvre un développement
économique respectueux des équilibresécologiques et reconnaître enfin aux
femmes l’égalité et les droits qu’elles
revendiquent. Nous aspirons à un monde, et
donc une Europe démocratique, fondée sur
la citoyenneté pleine et entière de tous ses
résidents.
Pour que cette Europe devienne possible, il
faut partout donner la parole aux citoyens.
Il faut que dans tous les pays d'Europe, les
peuples soient consultés sur leur avenir.
Pour ouvrir la possibilité d'une "autre
Europe", nous ne pouvons pas accepter cette "constitution" et nous appelons à la
mobilisation pour imposer que les droits des
salariés, des chômeurs et des retraités
soient réellement pris en compte dans la
construction de l'Europe.
De par ses fondements même, l’Union Européenne est une construction
supranationale au service du pouvoir financier, capable d’entrer en
concurrence avec les autres zones similaires sur le marché international grâce à ses entreprises transnationales, ce qui est clairement ratifié dans le projet
actuel de Constitution européenne.
Ce projet de Constitution :
- fait du capitalisme un principe constitutionnel,
- tout comme l’augmentation des dépenses militaires dans le cadre de l’OTAN,
- ne reconnaît pas comme fondamentaux les droits et libertés des
travailleurs(ses), tant sur le lieu de travail que dans la société : droit de grève,
d'association et d'activité syndicale, à la santé et à la sécurité au travail, à avoir
un travail, à un salaire pour une vie digne, à une retraite pour une vieillesse
sereine, au logement, à l'égalité des sexes, à la liberté de pensée, de paroles, à
préserver l'environnement et l'écosystème pour les générations présentes et
futures,
- fait disparaître toute notion de services publics pour laisser place à de
nébuleux « services d’intérêt général » soumis à la concurrence,
Syndicalistes, nous ne pouvons accepter cela.
Ces politiques visent d’abord à déréguler
les services publics en dérogeant au cadre
légal existant (droit du travail, droits
syndicaux, protection de l’environnement,santé publique, éducation publique, services
sociaux aux plus démunis, etc.) et ensuite à
les privatiser, tout cela avec l’accord et la
complicité des gouvernements des Etats.
Ce schéma de démantèlement de la protection sociale et de déstructuration du marché du
travail se met en place de manière identique dans les différents pays :
- Libéralisation et privatisations.
- Flexibilisation des conditions de travail.
- Précarisation.
- Baisse des budgets consacrés à la protection sociale.
- Dégradation des services publics.
- Augmentation des accidents du travail.
- Gestion privée du patrimoine public.
- Délocalisation des entreprises.
- Augmentation de la répression et restriction des libertés.
- Maintien de la discrimination sexuelle.
Les chemins de fer au péril du libéralisme.
Les chemins de fer sont directement
confrontés à cette situation, qui est la conséquence de l’état du rapport de forces
entre le mouvement ouvrier et ceux qui
veulent « gouverner le monde ».
Les directives européennes, avec les « paquets ferroviaires » qui organisent la libéralisation
des trafics mais aussi les décisions de nos gouvernements :
- privatisations des chemins de fer,
- séparation entre infrastructure et exploitation,
- politique « commerciale » de plus en plus tournée vers le profit au détriment de
la satisfaction des usagers,
- absence de mesure empêchant le dumping social,
- politique sociale qui à travers le « management » privilégie l’individualisme, …
vont dans ce sens.
Nous combattons ces orientations, et appelons à organiser
un refus de cette « constitution européenne », un refus
sur des bases clairement internationalistes et sociales !
SUD-rail, France, RMT,
Grande Bretagne, TRANSNET,
Allemagne, SFF-CGT,
Espagne, ORSA Ferrovie,
Italie, SULT,
Italie, FLTU-CUB,
Italie
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