Accueil >Ras l'bol > Communiqué de presse du 14 mai 2007 .

 
 

La douane reconduite à la frontière ?


La Douane ballotée. La Douane secouée. Du premier traité signé en 1957 à Rome à celui de Maastricht,
de la libéralisation du commerce mondial aux accords de Schengen, elle n’a cessé d’être prise en otage
par la politique européenne, par les instances internationales, d’être le bouc émissaire d'instances
nationales toujours promptes à masquer la réalité.

Aussi, compte tenu de ses propos de campagne, il est évident que l’élection de Nicolas Sarkozy et les
fuites de ces derniers jours dans la presse suscite les plus vives inquiétudes sur notre avenir mais
également sur celui de nos concitoyens. Car contrairement au propos erronés de celui-ci comme quoi
nous serions bien trop nombreux « alors que les frontières ont été abolies », il nous faut rappeler que la
douane en 2007, c’est encore près de 400 missions de service public et parmi les plus médiatiques,
celle de la lutte contre les trafics de stupéfiants, contrefaçons, armes et cigarettes. C’est également
la gestion des fiscalités notamment pétrolières, écologiques, routières, alcooliques, la gestion et le
contrôle des filières vitivinicoles, la lutte contre les opérations de blanchiment d'argent, le travail illégal
et les fraudes aux aides agricoles, la garantie des ouvrages en métaux précieux, la protection des biens
culturels etc...

Au grand dam du nouveau président de la République, qui était encore notre ministre il y a deux ans à
peine, la majeure partie de ces missions était absente en 1980, époque à laquelle la mondialisation des
échanges n’en était d’ailleurs qu’à ses débuts. Et si les frontières avec les 27 Etats Membres de l’Union
Européenne ont été depuis abolies, il n'en reste pas moins qu'elles subsistent avec les autres pays de
la planète, ainsi de la Chine dont la part dans nos échanges extérieurs a explosé depuis quelques
années. Il suffit pour le constater de se rendre par exemple au Port du havre, à Roissy ou au port de
Gennevilliers. Aussi, par sa mission de police de la marchandise permettant d’en certifier la conformité
sanitaire, fiscale et économique, la douane constitue un outil public incontournable de protection de nos
concitoyens et de leur espace économique. Elle est socialement utile et indispensable.

Si nous ne voulons pas que se multiplient les fraudes de tous ordres, il paraît donc essentiel de ne
pas baisser la garde voire d'accroître notre vigilance. Afin notamment de protéger la « France qui
se lève tôt », la douane demeure sur le qui vive 24 heures sur 24. Tout cela, Nicolas Sarkozy en est
parfaitement conscient. Le 28 Mars dernier, il s'est ainsi déclaré « conscient du rôle essentiel joué par
les douaniers », et que « des missions nouvelles, en particulier dans le domaine sanitaire sont apparues
et qu'il convient bien évidemment d'en tenir compte ». Enfin faut-il rappeler qu'outre atlantique, George
Bush, auquel Nicolas Sarkozy se réfère parfois, conscient des mêmes enjeux, n'a cessé d'augmenter les
effectifs des douaniers américains. Voilà qui devrait inciter ce dernier à reconsidérer une mesure qui
laisserait la France sans protection face aux fléaux véhiculés par la mondialisation des échanges. Outre
les risques majeurs encourus par notre pays, ce serait à notre sens renier les engagements qui l'ont fait
élire et notamment le premier d'entre eux, la sécurité.

 

© Solidaires-Douanes 2007