GROUPE DE TRAVAIL EVALUATION NOTATION
du 04 novembre 2003
QUAND LE MER – ITE, IRRITE,
L’A-MER-TUME POINTE ! ! !
Après la réunion de plusieurs groupes de travail ministériels,
cette réunion avait pour objectif de préciser les conditions
de mise en application du décret du 29 avril 2002 concernant la
nouvelle procédure d’évaluation/notation.
Les organisations syndicales (hormis SNCD) s’étaient réunies
la veille afin d’essayer de dégager une position commune.
En préliminaire, nous avons réitéré notre
demande de report des élections à la masse.
En dehors de la CFTC, favorable au principe de la reconnaissance du mérite,
les autres organisations (CGT, UNSA, CFDT, FO et SOLIDAIRES DOUANES) se
sont mises d’accord sur les points suivants :
- opposition à toute évaluation basée sur le mérite
- exigence d’un droit de recours portant sur l’entretien
d’évaluation et sur la notation
- maintenir le caractère facultatif de l’évaluation
- opposition à toute majoration de délai
- suppression de la notion de note provisoire
- maintien du chef de circonscription comme notateur final
- demande d’une véritable transparence du système
- précision sur les notions d’objectifs, individuels ou
collectifs, modalités de la période transitoire, incidence
de l’évaluation sur le tableau d’avancement
Les débats ont été organisés autour des trois
points suivants, sachant, et c’est bien tout le problème,
qu’ils sont complètement liés : l’évaluation,
la notation, les droits de recours.
En préalable, F Bonnet rappelle que certains points sont en attente
d’une décision ministérielle devant intervenir suite
aux groupes de travail du 24 novembre et de début décembre.
Il indique aussi que les directions disposent de peu de marge de manœuvre,
le dispositif étant avant tout ministériel.
Ce système doit se traduire par une volonté d’accélérer
la carrière des agents les plus méritants, les autres agents
avançant normalement. Le choix du ministère est de ne pas
moduler les primes des agents et de récompenser le mérite
sur la durée en accélérant les carrières.
L’évaluation
Pour F Bonnet, il est important qu’il y ait un échange formel
entre l’agent et son chef direct, ce qui ne dispense pas de contacts
réguliers le reste de l’année.
L’entretien ne sera pas facultatif : le refus de l’agent de
participer sera considéré comme un élément
à charge, même pour les très bons agents, et il y
aura quand même une fiche d’évaluation le concernant.
Ce système s’appliquera à tous, y compris aux DR évalués
par le DG et au Dg évalué par le Ministre.
Le choix du niveau hiérarchique de l’évaluateur n’est
pas tranché mais l’administration penche pour un échelon
le plus proche possible des agents.
Par exemple, pour les unités de surveillance, ce serait le chef
d’unité ou le chef de subdivision….Pour les recettes,
le receveur, voire le chef de service direct pour les grands bureaux…
En principe, la note chiffrée devrait pouvoir être communiquée
à l’agent directement en suite de l’évaluation
: cela supposerait que le travail préparatoire (voir plus bas)
ait déjà eu lieu. Le danger est de transformer les chefs
directs en petits télégraphistes d’une décision
qui leur échappe en grande partie.
Les OS ont demandé à ce que la notation soit déconnectée
de l’évaluation.
A l’occasion des objectifs seront définis pour l’agent
pour l’année à suivre, ainsi qu’un bilan de
ceux de l’année écoulée. Les objectifs seront
fixés sur un plan qualitatif plutôt que quantitatif : la
DG rédigera un vade me cum à l’intention des directeurs.
A notre question, « Mais si dans un service tous les agents ont
rempli leurs objectifs, pourront-ils tous bénéficier des
trois mois de réduction ? », F Bonnet, un peu embarrassé
a répondu qu’il ne s’agissait pas de l’unique
critère…
La notation
Les nouvelles règles permettront d’attribuer un nombre de
mois égal à 90 % de l’effectif utile (stagiaires,
agents en dernier échelon,..),dont 20% se verront attribuer 3 mois
chacun, les autres agents ‘primés’ ayant 1 mois chacun
(30%). Pour la moitié des agents : RIEN…
Pour F Bonnet, il s’agira d’identifier un noyau dur d’agents
particulièrement méritants qui avanceront au délai
le plus réduit : ne nous leurrons pas, le nouveau système
pourrait permettre à davantage d’agents de bénéficier
de réductions à condition qu’il existe une volonté
réelle de partager ( en fait + 15% du nombre de mois distribués),
mais en réalité la consigne devrait plutôt être
de différencier au maximum les avancements. D’ailleurs F.
Bonnet pense déjà qu’il y a un noyau dur d’agents
très méritants qui pourront obtenir trois mois chaque année.
Il l’évalue à 15 %…
L’enveloppe sera répartie au niveau national arithmétiquement
en fonction du nombre d'agents.
Ensuite, la répartition réclamera au niveau local un travail
préparatoire, cette répartition devant là tenir compte
des résultats de chacun des services. Cette préparation
se justifie de toute manière par l’obligation prévue
par le décret d’associer à la notation les différents
échelons hiérarchiques. Sur l’affectation des quotas
de mois disponibles par service, l’administration est restée
dans le flou. Seul point un peu précis, l'accomplissement des objectifs
définis dans le cadre de la LOLF sera un critère essentiel.
F Bonnet n’est pas opposé à la transparence dans la
communication des réductions attribuées par service en préalable
à chaque CAPL …
Les droits de recours
Dans ce domaine de nets reculs synonymes de graves dangers sont à
déplorer : d’une part il n’est pas prévu de
droit de recours concernant le compte rendu d’évaluation,
que l’administration se borne à considérer comme un
simple acte préparatoire à la notation, alors même
que, dixit plus haut, la note serait attribuée à la fin
de cet entretien et fixé auparavant, et d’autre part la possibilité
de recours en CAPC est supprimée.
L’impossibilité de contester le document d’évaluation
constitue une régression par rapport à la situation actuelle
et une véritable négation des droits individuels des agents.
D’autant qu’il est réaffirmé par ailleurs que
ce document sera ultérieurement pris en considération pour
les tableaux d’avancement ou LA.
La limitation du droit de recours devant les seules CAPL correspond selon
F Bonnet à la volonté de responsabilisation des chefs de
circonscription, qui ne pourront plus, comme c’est parfois le cas
aujourd’hui, se décharger vers l’échelon central.
Les OS ont surtout vu là une porte ouverte aux abus et une impossibilité
de vérifier l’harmonisation des pratiques locales.
La phase transitoire
Dès 2004, l’évaluation sera mise en œuvre mais
la notation sera effectuée selon l’ancien système.
L’ensemble des agents aura donc un entretien d’évaluation
en début d’année 2004, au cours duquel les objectifs
à atteindre pour 2004 lui seront indiqués. Cet entretien
servira de base à la notation 2004.
La nouvelle notation avec confrontation des objectifs sera réalisée
en 2005.
Rien n’a été dit sur la récupération
des réductions obtenues avec l’ancien système et sur
les reclassements dans le nouveau système.
Notre analyse
Pour SOLIDAIRES DOUANES, SUD DOUANES – SNUDDI, il ne faut pas se
tromper, il s’agit bel et bien du premier étage de la fusée
« rémunération au mérite ». D’ailleurs
l’administration a bien indiqué que le ministre n’avait
écarté l’idée d’une modulation des primes
que pour le moment.
Pour le petit noyau de 15 % fixé par F.Bonnet, le gain va être
énorme, pour quatre ans, une année de réduction,
mais pour la très grande majorité des agents, rien ou si
peu… Pourtant, l’administration reconnaît elle-même
que plus de 90 % des agents effectuent avec une grande conscience professionnelle
leurs missions…
L’entretien obligatoire va vite devenir une véritable usine
à gaz et à rancœur et l’absence de droit de recours
nous inquiète particulièrement. Qui va fixer les objectifs,
dits qualitatifs, et sur quelles bases ? Indicateurs de gestion ? Tête
du client ? Les moyens humains, matériels et de formation attribués
à un service seront-ils pris en compte dans la réalisation
des objectifs ? Qui jugera au bout du compte et selon quels critères
? Le choix du niveau de l’évaluateur sera déterminant
dans le bon fonctionnement des services.
L’absence de possibilité de recours en CAPC nous inquiète
aussi énormément et l’expérience de nos élus
en CAPC de recours en notation nous démontre à quel point
chaque année cette deuxième chance reste indispensable.
Nous ne sommes pas opposés à la responsabilisation des directions,
mais elle nécessite un filet de protection car l’expérience
démontre qu’il y a toujours, ici et là, quelques dérives.
Et ce n’est pas, comme nous l’a indiqué l’administration,
parce que ces dérives seront sanctionnées par le biais de
la notation/évaluation, que les agents injustement notés
verront leurs droits rétablis.
Enfin, tout cela nous conforte dans notre conviction que l’exercice
de la notation/évaluation reste un système inique et source
de profondes injustices et qu’il ne permet en aucune manière
de déterminer la « valeur » des agents. Il place par
ailleurs les agents dans une position infantilisante. A ce propos, on
peut souligner qu’à plusieurs reprises au cours de ce groupe
de travail, F.Bonnet a fait des comparaisons avec l’éducation
nationale et les relations entre enseignants et élèves.
C’est en tout cas faire bien peu de cas de l’indispensable
concours, et non examen, qui a permis à chacune et chacun d’intégrer
la fonction publique. Nous persistons dans notre volonté de linéarité
de carrière et nous ne pensons pas que laisser la moitié
des agents sur le bord du chemin puisse être pour eux une source
de motivation, bien au contraire.
SOLIDAIRES DOUANES, SUD DOUANES – SNUDDI était représenté
par Chantal Cribier, Eric Beynel et Marc Puigdemont.
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