Accueil > Personnels > Formation > Déclaration préalable groupe de travail Réforme Formations Initiales du 5 Juillet 2007 .

 

 

Déclaration Préalable

Après avoir étudié le gros morceau du recrutement sur lequel il y a tant encore à dire tant la réforme en cours tend de plus en plus à aligner l’accès à la fonction publique douanière sur le mode d’embauche tel qu’il se pratique dans le secteur privé, nous étudions aujourd’hui le second étage de la fusée qui en est la conséquence logique, la formation initiale. Tout ceci n’est donc qu’une des multiples conséquences de l’application de la LOLF et ses principes de rentabilité et de performance; sans oublier son corollaire, la culture d’entreprise, qui devrait rendre la douane et ses agents «modernes», tout est donc en place pour une destruction en règle du statut de la fonction publique et des valeurs qui le fondent sans compter évidemment le service public douanier.

Ces éléments de contexte nous permettent de mieux saisir la finalité de la présente réforme qui n’aurait vraiment de technique que le nom. Du recrutement à la formation initiale en attendant nous supposons au vu des travaux ministériels actuels la formation continue, tout est parfaitement imbriqué et à peu près du même tonneau «idéologique» que celui décrit ci avant. Au prétexte qu’il faut professionnaliser les filières, on instaure des épreuves destinées à recruter des agents «calibrés» pour exercer de suite des fonctions à laquelle ils sont destinés. Amélioration dites vous par rapport à l’existant, alors que nous voyons surtout économies substantielles en matière de formation professionnelle et mobilités fonctionnelles réduites, sans compter l’enfermement toujours possible dans une filière métiers. Cette vision réductrice rompt radicalement avec l'exercice des multiples facettes du métier de douanier, sans compter que cela permet de sectoriser la douane et diviser les personnels. De même, le choix des matières enseignées n’est pas non plus anodin, quand le professionnel s’efface globalement au profit de la gestion notamment des ressources humaines. Nous nous demandons si l’administration souhaite encore assurer des formations professionnelles de haut niveau tant sur le plan théorique que pratique à ses personnels. Dès lors nous ne pouvons que nous interroger sur la pérennité même de la formation au sein du service public, ou si l’alignement par le bas sur les pratiques du type «école de commerce» ne signifie pas à terme privatisation des actions de formations initiales et continues. En résumé, la paupérisation et le fort risque d’externalisation de la formation professionnelle sont bien les facettes d’une même politique budgétaire qui vise à réduire coûte que coûte le périmètre d’intervention de l’Etat quand bien même les missions de service public ne peuvent plus être exercées.

Certes le projet présenté à notre examen est particulièrement ronflant. Les termes sont assez bien choisis pour faire croire à une parfaite maîtrise du dossier. Pourtant, nous sentons bien que tout cela sonne faux. Dans cette matière en effet, compte tenu notamment des pratiques actuelles en matière notamment d’objectifs pédagogiques et de réduction drastique du nombre de fonctionnaires, les formations dispensées ne seront pas à la hauteur des enjeux, quand bien même on jure que l’on veut «professionnaliser» la douane. En effet il ne suffit pas d’être farci de termes managériaux pour pouvoir contrôler correctement une déclaration en douane ou le chargement d’un camion au bord d’une route ou encore maîtriser les techniques d’audit tels que les envisagent actuellement la Commission Européenne. Pourtant c’est bien là que se situe l’enjeu de l’avenir de notre administration et si le problème de la formation professionnelle n’est pas étudié sous cet angle, il est à craindre que nous perdions auprès de nos concitoyens tout ce qui fonde notre crédit, à commencer par le contrôle de la marchandise. Cela passe indiscutablement par l'enseignement de la connaissance douanière de la marchandise, lequel ferait partie d'un socle de formation commun aux deux branches de la douane permettant ainsi d'ériger un rempart efficace contre ceux que l’unité de la douane exaspère.

 

© Solidaires-Douanes 2007