GROUPE DE TRAVAIL DPMA
DES 7 ET 9 JUIN 2006
FORMATION INITIALE –
RECRUTEMENT
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Le 7, il ne fut question que de Recrutement, le 9 fut abordée la Formation
Initiale.
I. RECRUTEMENT
A. Architecture des concours
L’objectif de la réforme, à l’étude, du recrutement est d’éviter 2 écueils : le
recrutement de spécialistes, trop spécialisés, et de généralistes, trop
généralistes. Dans le même temps, il est vital, pour la même administration,
d’intégrer en son sein des jeunes gens aux formations pointues, capables de
s’adapter tout au long de leur carrière aux changements, voire mutations, de
l’administration. Si l’on table sur 45 ans de carrière, que d’adaptations à négocier
en perspective ! Il faut donc recruter des généralistes spécialisés.
Pour ce faire, en ce qui concerne le recrutement externe, les épreuves écrites
de culture générale seront modifiées. Elles comporteront deux dominantes : « juridique » et « économique et scientifique » . Tous les candidats devront
composer dans les deux matières, plus une option technique, comme Comptabilité
par exemple. En effet, l’administration aura un grand besoin de comptables. 3
spécialisations ou 1 généralisation exacerbée ? Bref, pourra-t-on trouver des
canards à trois pattes ? Mais bien sûr ! Dans les filières AES et Sciences-po.
Vivent les IEP ! Tout le monde aura noté la nouveauté révolutionnaire de cette
annonce.
Au niveau interne, il s’agit de mieux prendre en compte les savoirs professionnels
des agents. Les épreuves professionnelles prendront donc du poids. Comme
parallèlement, ces concours internes s’ouvriront à l’ensemble de la Fonction
Publique, les agents auront le choix entre deux options : des épreuves portant
sur les métiers directionnels, et d’autres, plus générales, sur les grandes
fonctions du ministère.
Les épreuves de dissertation avantageant les candidats surdiplômés et/ou issus
de classes sociales favorisées, une part plus importante a été accordée aux
oraux, afin de rendre les concours moins discriminatoires.
Pour respecter cet objectif, les jurys devront être soigneusement sélectionnés.
Il serait préférable d’avoir des jurys pluridirectionnels, voire comprenant deséléments extérieurs au ministère, comme d’anciens agents du Minefi ou des
retraités.
Dans un même esprit anti-discriminatoire, les oraux de culture générale seront
remplacés par un entretien.
B. Organisation des concours
1) Concours externes
Trois pistes de réflexion ont été étudiées quant aux futurs concours externes :
- concours organisés dans un cadre strictement
directionnel, avec modification des épreuves dans toutes
les directions.
- Organiser pour les A et les B des concours communs,
comme cela est en cours pour les C.
- Mettre en place des banques d’épreuves qui
constitueraient un socle ministériel pour les épreuves
d’admissibilité. Les épreuves d’admission resteraient du
ressort directionnel.
C’est la troisième solution qui a été retenue.
Elle devrait être lancée dans un premier temps pour les A, ensuite pour les B.
Ces banques d’épreuves, c'est-à-dire des épreuves communes, seraient établies
au niveau ministériel, mais en liaison avec les directions.
Un concours commun pour les catégories C est en cours d’expérimentation. Le
premier concours de ce type sera organisé en 2007. Le premier bilan ne pourra
donc pas être tiré avant 2008. Or en 2009, l’environnement du ministère,
notamment le marché du travail, aura changé. La réforme des concours A et B
doit donc être opérationnelle pour cette date. La réflexion sur ce sujet doit
commencer dès aujourd’hui.
2) Concours internes
Toujours au niveau directionnel.
C. Et les Os dans tout ça ?
A l’exception de quelques points de détail, l’ensemble des OS a opposé un front
uni à une administration peu convaincante.
Les inquiétudes sont vives et diverses :
On ne peut que déplorer l’absence de recul vis-à-vis de l’expérimentation du
concours commun des catégories C. Mener plusieurs réformes de front n’est-il
pas trop ambitieux ?
A l'issue des épreuves écrites, les candidats admissibles établiront une liste des
directions qu’ils désirent intégrer, par ordre de priorité. Le jury sera en
possession de cette liste durant les épreuves orales. Le risque est grand que les
jurys ignorent d’emblée les candidats n’ayant pas placé leur direction à un bon
rang. Cette discrimination sera la pire de toutes : insidieuse et systématique.
Par ailleurs, si tous les candidats sélectionnent toutes les directions, chaque
direction recevra à l'oral un nombre de candidats égal à la totalité des candidats.
Imaginez que la Douane ait à gérer ses candidats, ceux de la DGCP, et ceux de la
DGI ? La logistique pourra-t-elle suivre ? Sur combien de temps s'étendra un
concours ? Un an ?
L’instauration de deux dominantes dans la sélection des candidats externes,
juridique et économique, va fermer l’accès au Minefi aux autres filières, et
priver les services de la richesse que lui apporte la diversité des profils actuels.
La multiplication des exigences et le quasi-monopole de la filière de recrutement
(Sc-Po) ne pourra qu'aboutir à un profil unique de fonctionnaire du Minefi,
précisément cerné. Le risque est grand aussi de voir les écoles du Minefi devenir
une simple année universitaire supplémentaire au cursus Sciences-PO. Les
ambitions de professionnalisation du recrutement, si hautement claironnées,
seraient pour le coup battues en brèche. A tout prendre, restons donc vraiment
généralistes !
Les QCM, qui nécessitent culture générale et rapidité de réponse, ne vont-ils
pas, contrairement à l'objectif annoncé, encore avantager les surdiplômés ?
La trop grande importance donnée à l’oral, 50 % du total de points final,
atteindra elle aussi un objectif contraire à celui fixé initialement. Les candidats
issus d’une classe sociale élevée, ayant un niveau d’étude supérieur au niveau
requis pour le concours, sont indéniablement plus à l’aise à l’oral que les autres
candidats.
Ces oraux prenant la forme d’entretien rapprochent cette sélection d’entretien
d’embauche. Est-ce bien sérieux ? Des milliers de candidats se présenteront à
l'oral, et une demi-heure de conversation permettra d'en dégager quelques
dizaines ? Cette perspective laisse pour le moins sceptique. La formule actuelle
présente l'avantage d'un minimum de rationalité.
L’informatique disparaît des options pour les concours A et B. Pourtant, la DGCP
par exemple, ne recrute pas de spécialistes dans ce domaine. Plus
d'informaticiens fonctionnaires au Minefi ?
L’ouverture des concours internes au niveau interministériel pose le problème de
la mobilité des agents du Minefi. Les agents désireux de quitter ce ministère
pour un autre doivent avoir accès aux préparations nécessaires, et aux facilités
accompagnant toute préparation à un concours.
La présence de retraités dans les jurys d’oraux ne semble pas souhaitable. Ces
agents évoluant hors du contexte administratif actuel, ne pourraient être en
mesure d’évaluer les besoins réels de leur dministration d’origine, et donc de
recruter des agents en adéquation avec ces besoins.
II. FORMATION INITIALE
A. Le projet
Quelle que soit la catégorie, A, B ou C, la durée de la scolarité restera inchangée.
Cette scolarité modifiée vise à approfondir l'adaptation au premier métier,
autrement dit au poste occupé en première affectation, le stage pratique
notamment. Dans cette optique, elle resterait de niveau directionnel.
La formation initiale, et la formation continue tout au long de la carrière, seront
supposées compléter la formation universitaire, et parfaire l'adaptation de
l'agent aux attentes de l'administration.
La diversité des publics, internes et externes, dans les écoles a conduit
l'administration à la notion de « parcours différencié » . Les élèves possédant de
solides connaissances dans un ou plusieurs domaines pourraient être exemptés
de certaines matières.
Le « parcours modulaire » est déjà expérimenté au sein des écoles de Service
Public. Les écoles de Santé Publique par exemple ont déjà mis en oeuvre un
système personnalisé.
Le stage probatoire n'a pas pour but d'induire une sélectivité accrue. Le
stagiaire doit être aidé en cas de difficulté.
B. Qu'en pensons-nous ?
Peu d'affinités du côté syndical sur ce volet du débat !
L'idée de parcours différencié n'est pas acceptable. Par principe, l'unicité de
formation est indispensable. L'égalité entre stagiaires doit être respectée. Par
ailleurs, la confrontation d'un mélange de cultures et de connaissances au sein de
la formation initiale est sans doute quelques fois difficile à gérer, mais s'en
priver n'est qu'une solution de facilité. Une réaction positive consisterait au
contraire à mieux exploiter cette diversité.
Il est important que le stagiaire, durant son stage pratique, ne soit pas considéré
comme déjà en poste. Il doit être accompagné, encadré, et dégagé d'objectifs
de performance. En conséquence, les tuteurs doivent être formés et
partiellement déchargés de leur charge de service. Aucune ambiguïté ne doit
subsister sur les statuts et les rôles de stagiaire et de tuteur.
Quant au report de la titularisation, il en est bien évidemment hors de question.
Le risque de non titularisation ne peut au contraire qu'être considéré comme une
sanction, à la fois par les stagiaires et par les agents du service d'accueil.
La réforme de la formation et du recrutement, qui échappe en grande partie aux
directions, remet an cause des principes de base auxquels Solidaires Douanes ne
saurait déroger. Relayé à la DGDDI par Solidaires Douanes, le débat ministériel
n'est pas clos pour autant. Il reprendra au cours du CTPM du 4 juillet prochain.
Pour Solidaires Douanes, Fabienne Feuillassier
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