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> Danger sur le port du Havre . |
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TERRORISME AU HAVRELe constat.Les problèmes de sécurité deviennent cruciaux au Havre. Dernier avatar en date, deux de nos collègues ont eu la frayeur de lannée Alors quils effectuaient un contrôle physique de marchandise lors dune opération de visite, ils ont soudainement senti bouger le conteneur dans lequel ils se trouvaient. Lincroyable venait de se produire. Le docker, perché à plus de dix mètres de hauteur dans son engin (appelé "cavalier" sur les ports) na pas vu que le conteneur ouvert était en cours de contrôle par le service des Douanes. Le cavalier sest donc présenté à laplomb du conteneur, la verrouillé, puis a commencé à le soulever... toute cette opération ne durant que quelques secondes. Heureusement pour nos deux collègues, dautres agents se trouvaient sur la même aire de visite et ont averti le conducteur du cavalier afin déviter de voir deux douaniers emportés dans les airs. Les collègues sen tirent bien. Depuis des années les conditions de sécurité ne cessent de se dégrader. Au début de la containérisation vers les années 70, le contrôle de la marchandise sest déplacé des grands hangars portuaires (appelés tentes) vers des aires improvisées sur les bords des quais. Le progrès aidant les engins de manutention sont devenus plus gros, plus rapides, moins bruyants et plus nombreux. Rentabilité oblige, les cadences augmentent et les mouvements entre les porte conteneurs à quai et les aires de stockage se multiplient. Le commerce est exigeant, aussi avec les dockers havrais. Un porte conteneur moderne transporte plus de 6000 conteneurs EVP (Equivalent Vingt Pieds). Il nest pas rare den voir deux ou plus en même temps sur le même quai. Ces énormes porte conteneurs ne restent que quelques heures à chaque escale, on peut dire que ça sagite vraiment sur les terminaux (un terminal constitue lensemble des postes sur un quai et tous les terre-pleins de stockage y attenant : ex : le terminal de Normandie, de Bougainville, etc... Dans toute cette activité, il a quand même fallu penser à protéger les douaniers en opérations. Car, pour "accompagner le commerce international", les visites et les contrôles seffectuent in situ sur les terminaux au lieu de seffectuer dans un hangar de fouille sécurisé. Cela représente une économie de quinze millions de francs. Le port peut donc rester concurrentiel vis à vis de tous les autres ports du range nord! Notons au passage que les Douanes de Rotterdam et Hambourg possèdent ces installations coûteuses et réclamées depuis des années. Rotterdam a même trois hangars, tous modernes et très bien équipés ! Progrès et rentabilité obligent comment sest passée la protection des douaniers havrais ? Il a suffit de peindre des lignes blanches au sol pour matérialiser les aires de visite. Ces simples emplacements ne sont ni clôturés ni couverts. Ils ne sont pas protégés des intempéries et encore moins des allées et venues des cavaliers. Bonjour la marchandise, le jour (pluvieux et venteux bien sûr en Normandie!) où un douanier zélé se lance dans une visite approfondie et décide de faire une tranchée à la main jusquau fond du conteneur. Quant aux cavaliers ils nous entourent toujours. Une fois cest un collègue qui se prend la porte dun conteneur suite au passage dun cavalier, une autre fois la veste (pas imperméabilisée) est caressée par le frôlement dun cavalier lancé à toute allure. Chaque agent de visite havrais a sa petite frayeur perso à raconter. Si lagent de visite oublie par mégarde de positionner devant le conteneur son petit cône de Lubeck rouge et blanc, faudra pas venir pleurer... L'avis de SUD.Pour SUD, il ne fait aucun doute que le positionnement des aires de visites a été dicté par des considérations dordre économique. Il revient moins cher de matérialiser par un traçage un coin de terminal que de construire et daménager un véritable hangar de visite. Ladministration des douanes a toujours accepté ce positionnement. Nous reconnaissons que les organisations syndicales nont pas eu la réaction souhaitable au moment voulu. Le document que nous avons lu, lors de notre entrevue du 25 janvier avec la direction du Havre, se terminait ainsi : "il apparaît clairement que les conditions de sécurité dans le cadre des contrôles dans les MADT des quais (aires de visite) sont totalement insuffisantes, et que nous ne pouvons accepter de continuer à travailler dans de telles conditions. Ce qui nous conduit à conforter lattitude de nos collègues de visite qui veulent se retirer de ces situations en exerçant le droit de retrait tel que définit dans le décret n° 95-680 du 09 mai 1995." La Direction na pas apprécié la possibilité que nous exercions notre droit de retrait. Le directeur a promis dintervenir pour la énième fois auprès des trois intervenants : lopérateur public "le port autonome du Havre" (PAH), les opérateurs privés appelés "gestionnaire" des MADT (que sont les terminaux ou également "manutentionnaires", pour parler plus business les "investisseurs"), et enfin pour terminer, les dockers du port. L'avenir.Il est fort probable quavec les aménagements gigantesques de PORT 2000 (vieux projet de dix ans qui commence à sortir de terre) le P.A.H. ne construira que les quais et les louera aux gestionnaires, donc il nassurera aucune autre construction. Les gestionnaires qui investissent a minima et craignent larrivée dun investisseur important étranger (les chinois de Hutchinson comme à Félixtowe ou à Rotterdam ?) en tant que locataires des terrains ne vont pas samuser à construire un hangar pour la douane. Ce nest pas le patron des douanes du Havre qui va donner des ordres de toute façon, il est muté dès juillet et le temps que le remplaçant se mette "au parfum"... Devant la montée de léconomie libérale, pour qui la fin justifie les moyens, lEtat recule en nassurant pas les conditions dexercice des missions du service des douanes mettant même comme au Havre ses propres serviteurs en danger. Comment croyez vous que tout cela va finir? |
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