Déclaration préalable groupe de travail relatif à
la mise en place
des Groupements d'Intervention Régionaux.
Un nouveau gouvernement a pris ses fonctions depuis quelques semaines
et a commencé la mise en uvre de son programme. Ce n'est
une surprise pour personne de voir arriver aujourd'hui les groupements
d'intervention régionaux, cette mesure était connue de longue
date comme faisant partie du programme d'action en matière de ce
que l'on nomme désormais la sécurité intérieure,
notion induisant en elle-même l'idée d'un conflit ouvert
sur notre territoire.
Notion qui par ailleurs est poussée plus avant dans la circulaire
interministérielle du 22 mai 2002 puisqu'elle précise que
l'action des GIR doit être orientée en priorité dans
les secteurs urbains particulièrement sensibles. Cette subjectivité
voulue et assumée dans la stigmatisation de quartiers dits dangereux,
Sud Douanes ne peut la partager sans pour autant nier la réalité
des faits de délinquance.
Désormais que vaut "Douane 2005" qui se proposait de
redéfinir les missions fondamentales de la douane, à savoir
l'action fiscale et la lutte contre les grands trafics internationaux,
à travers un redéploiement sur les grands axes et la mise
à l'écart du maillage territorial. Une fois de plus, comme
nous le dénoncions au mois de février, la pérennité
de nos missions est mise en danger.
Par ailleurs, ce même gouvernement qui déclare privilégier
le dialogue social et la concertation nous réunit aujourd'hui devant
un projet ficelé et déjà mis en place dans la plupart
des régions.
Sud Douanes dénonce l'abandon des missions régaliennes
de lutte contre les grands trafics internationaux au profit des missions
sécuritaires où ne pourrons jamais jouer que le rôle
d'auxiliaire de Police.
Encore une fois, ce dispositif se met en place sans objectifs clairement
définis et concertés au seul profit d'une agitation politicienne.
En prenant trop de distance avec la rigueur des procédures, ce
dispositif met les agents des douanes dans une situation périlleuse
et incertaine, lourde de menaces.
Enfin, Sud Douanes réaffirme que la douane ne se limite pas à
la branche de la surveillance et s'inquiète devant le risque de
fracture réel entre les différents services de notre administration
que ce projet induit.
Concernant ce groupe de travail nous ne pouvons que constater que l'administration,
à l'heure actuelle, ne dispose que de très peu d'éléments
et comme l'a déclaré M. Mongin "essuie les plâtres".
Selon lui, tout est mis en oeuvre pour éviter une instrumentalisation
de nos services et respecter l'intégralité de nos procédures.
Par contre, une mauvaise volonté de notre part serait, pour lui,
hautement préjudiciable.
Plusieurs problèmes restent à traiter, notamment l'implantation
administrative de la douane qui est singulièrement déconnecté
de la cartographie départementale et régionale des services
de police et de gendarmerie. le cas le plus criant étant la région
parisienne où, à l'heure actuelle, la douane est dans l'incapacité
d'affecter un agent des douanes dans les sept UOC créés
dans chaque département.
D'autre part, un axe commun a été pris avec la DGI pour,
contrairement à ce que prévoit la circulaire interministérielle,
que les agents affectés dans les groupes "ressource"
ne soient pas désignés individuellement. Ceux dans un souci
de taille et de crédibilité (congés, récup,
etc...) et aussi afin de permettre à l'administration de désigner
les agents les plus adaptés en fonction des objectifs. Les préfets
se font néanmoins de plus en plus insistants.
La liste des inquiétudes et questions formulées par les
syndicats seraient trop longues à dresser, d'autant que pour la
plupart des sujets évoqués, l'administration a reconnue
ne pas disposer des réponses, si ce n'est notre obligation de résultats.
Elle nous a informé qu'elle avait obtenu que le décret
relatif aux compétences du ministre de l'intérieur soit
modifiée concernant la DGDDI par le remplacement de l'expression
"exerce autorité sur" par "mise à disposition".
Rapidement quelques points importants:
Les GIR devient l'outil privilégié de coopération
au dépens des autres structures.
La sécurité des agents est un présupposé fondamental.
Volontariat oui, mais obligation de résultats.
Régime indemnitaire maintenu intégralement.
Pour les UOC, détachement fonctionnel, la gestion de l'agent reste
de la compétence de la DGDDI.
Missions à l'initiative de l'UOC et non du préfet, du moins
M. Mongin l'espère...
Concernant douane 2005, dont nous avons appris qu'il serait à
l'ordre du jour du CTPC de début juillet, la question est sur la
table pour savoir si les GIR doivent donner une orientation à caractère
structurant.
La douane est partie prenante du projet de garde frontière européen.
Concernant les missions dévolues aux GIR, elle reste à
déterminer, la douane s'adaptera à ce moment là.
Concernant la formation des agents, elle sera à appréhender
après quelques mois de travail en fonction des manques relevés.
Voilà, pour le moment un bref compte rendu de cette réunion,
pour plus d'infos n'hésitez pas à nous contacter.
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