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LES JOUEURS DE FLUTE
Du pipeau :
C’est ainsi, assez trivialement, que SOLIDAIRES DOUANES, SUD-SNUDDI,
résume les centaines d’heures de pseudo débats impulsés
par la DG tant à Paris que dans les directions portant sur la «
rationalisation » du réseau CI et la « modernisation
» de la surveillance.
Du pipeau tant il est apparu évident que :
- Pour ce qui est des CI ; il s’agissait avant tout de récupérer
des emplois quelles qu’en soient les conséquences pour les
missions comme pour les agents.
- Pour ce qui est de la surveillance, il s’agissait de répondre
dans l’urgence aux nécessités de Roissy, de la mise
en place du SNDJ et aux exigences de la commission européenne.
Le bilan est éloquent :
- 184 suppressions de recettes locales
- 56 suppressions de SACI
- Suppression de 352 emplois et redéploiement de 276 autres.
- Suppression de 124 unités de surveillance (pour 9 créations)
- Implantation de 347 emplois en région parisienne mais suppression
de 108 à Valenciennes, 51 à Perpignan, 56 à Mulhouse,
102 à Metz, 80 au Leman, 99 à Lille, 40 en Franche-Comté,
61 à Dunkerque, etc…
Dans de nombreuses directions, c’est plus du tiers des effectifs
qui ont ainsi disparu ! ! !
Qui, lorsque le projet « douane 2005 » fut lancé pouvait
encore imaginer qu’il pouvait en être autrement ?
Le chef d’orchestre :
M. Mongin, en parfait accord avec la libérale politique du duo
Lambert - Mer, se charge donc d’instrumentaliser « Douane
2005 », transformé en « Bercy en mouvement »,
usant et abusant d’un discours de la méthode, dialogue social,
cohérence, transparence et pragmatisme… La réalité
fut toute autre, car comme diraient certains, elle était ailleurs…
La méthode même permettait de voir l’objectif poursuivi.
En effet, malgré nos demandes répétées d’engager
la réflexion d’abord sur les missions, les méthodes
pour les accomplir et la prise en compte des contraintes externes : LOLF,
réforme de la fonction publique, réglementation européenne,
etc, la DG a toujours persisté dans son schéma. Dans un
premier temps préparation des esprits sur l’inéluctable
avec la bienveillance de certains syndicats, feuille de route, discussion
stériles dans les DR selon le principe diviser pour mieux régner
et à la fin grande messe pour laisser s’exprimer le légitime
courroux…
Nous étions conscients qu’un appel à la grève
était, à l’heure actuelle, perdu d’avance, le
contre coup de la mobilisation pour les retraites étant rude. Mais,
nous ne voulions pas d’une quelconque manière accorder à
la DG notre caution directe ou indirecte sur l’atomisation de la
douane. Nous sommes aussi conscient du fort mécontentement des
agents, qui a d’ailleurs trouvé en partie son expression
dans les mouvements sur les retraites où la douane connut des taux
de grévistes imposants, les plus importants de la fonction publique,
ce qui n’est pas rien.
Alors, fort de cette analyse, nous avons décidé de ne pas
participer à ce CTPC, simulacre et sinistre parodie d’un
dialogue inexistant de bout en bout, afin par ce geste d’exprimer
le désarroi des personnels.
L’ensemble, ou presque, des organisations syndicales partage ce
constat, nous l’exprimons aujourd’hui chacun à notre
manière. Nous sommes solidaires, sans réserve, de la déclaration
portée par la CFDT, La CGT, FO et l’UNSA en préalable
au CTPC.
Une autre musique :
La douane dans la logique de cette réforme n’est pas seule
en cause. C’est l’ensemble d’une politique outrageusement
libérale qui est à l’œuvre aujourd’hui
et qui a déjà mis à mal nos retraites, nos salaires,
nos moyens revendicatifs par la quasi-suppression du droit de grève
en surveillance, le travail de nuit pour les OP/CO, la liste est encore
longue…
Et ce n’est pas fini, loin de là, puisque arrivent la réforme
des OP/CO et AG, « saignante » selon certains, celle du renseignement,
de l’aéronavale, la réforme de la protection sociale,
les expérimentations de la LOLF et la rémunération
au mérite, sans oublier les restrictions aux mutations et les atteintes
incessantes aux droits individuels et collectifs.
SOLIDAIRES DOUANES, SUD-SNUDDI ne peut imaginer que, pour les dossiers
à venir, perdure ce type de dialogue social. Nous demandons à
la DG de mettre sur la table tous les dossiers et de cesser de nous promener
avec des réunions techniques où seuls ses experts tous puissants
DG détiennent la vérité. La LOLF, la réforme
de la notation évaluation, les contraintes européennes et
ministérielles forment un tout cohérent au sujet duquel
les agents doivent être éclairés et informés.
L’ensemble de ces enjeux nécessite de notre part une information
complète, intransigeante et sans concession des agents. Nous nous
y emploierons. Il nécessite, aussi, la mobilisation des personnels
sur un réel projet de service public douanier, au service de tous
les citoyens et non de quelques privilégiés. Là aussi,
nous porterons nos propositions comme nous l’avons fait auparavant
et dernièrement au Forum Social Européen.
Le temps n’est ni à la division, ni à l’inaction,
ni à la résignation. Les enjeux nous commandent de nous
surpasser individuellement et collectivement et de mettre à la
poubelle nos querelles de chapelles. Nous sommes, sans exception, tous
concernés, alors débattons, proposons et réagissons
! ! !
Paris, le 26 novembre 2003.
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