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> Déclaration préalable Bilan de la douane 2004, CTPC du 5 juillet 2005 . |
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Déclaration PréalableBilan de la douane 2004
Monsieur le président, C’est à l’heure des soldes que vous présentez votre bilan, dépôt de bilan dirions-nous à l’instar d’une grande majorité d’agents de notre direction. Ilest peut-être temps en effet de faire les comptes de l’opération «Douanes 2005», initiée par votre prédécesseur, M. Cadiou en octobre 2001 qui jeta l’éponge ainsi qu’un pavé dans la mare au coeur de l’été 2002. En septembre 2002, vous preniez les manettes de notre direction et en même temps à votre compte ce projet. «Douanes 2005» donc. Cela tombe bien, me direz-vous, nous y sommes et nous pouvons du haut de Montreuil, c’est tout un symbole, jetez un regard circulaire sur vos grands projets et ses réussites. Au travers de l'avalanche des réformes qui s'abat sur l'administration des Douanes depuis le conflit de la Surveillance de 2002, deux motivations principales s'expriment très clairement. La première, la réduction de l'emploi public et du périmètre des missions accompagnée de la privatisation de celles jugées annexes (comme l'entretien des véhicules ou encore la garantie des métaux précieux). La seconde est moins assumée. Pourtant, derrière le regroupement quasi systématique de services géographiquement éclatés sur quelques gros pôles, le fil d'Ariane de ces restructurations consiste à l'évidence à quadriller les services et contrôler l'activité des agents de manière à prévenir tout conflit social majeur. Le rapport d'activité 2004 est ainsi un modèle du genre. Sous un amoncellement de sigles, les réformes à peine mises en place semblent avoir déjà atteint leurs objectifs, les moyens paraissent abondés et opérationnels dans tous les secteurs et la dimension contentieuse n'a jamais été aussi bien pilotée et affirmée. Un monde douanier enfin radieux et "sans conflit social majeur en 2004" destiné à travestir les réalités humaines et faire croire en toute objectivité "experte" que l'homme, l'agent, évoluant dans un cadre idyllique, n'a vraiment aucune raison de se plaindre. Telle le village Potemkine, l'image médiatique de la douane fait certes sensation, mais elle n'est en vérité qu'opération de propagande destinée à masquer l'envers du décor, à savoir la réalité de la grande majorité des services dont on lamine peu à peu les moyens et les effectifs. Précarité des conditions de travail qui implique que les services doivent accomplir des exploits quotidiens s'ils souhaitent exercer les missions de service public qui leur sont confiées. Cette performance des agents que n'appréhende aucun management est bien en réalité le seul motif de satisfaction que l'on puisse tirer du bilan de la douane. Car pour le reste, c'est la Bérézina à tous les étages. Pire que la Samaritaine.Nous ne sommes pas des grands fans des sondages, mais il faut bien avouer que les résultats de l’observatoire interne du ministère méritent que nous nous y attardions car ils sont éclairants à plus d’un titre. Nous y apprenons que les agents des douanes étaient 45 % à penser que leur direction disposait d’une ligne directrice pour l’avenir en septembre 2002, ils ne sont désormais plus que 38 % en mars 2005. Avouez que pour un projet qui était censé redonner du sens à notre action, la force des arguments répétés à grand coup de flash infos, de douanes infos, de réunions de directeurs et plus, si affinités, ne semble pas avoir réussi à pénétrer la cohorte des douaniers… Mais le pire est à venir, car alors qu’ils étaient 40 % à penser que la douane allait dans le bon sens en septembre 2002, ils ne sont plus que 22 % à y songer en mars 2005. Et, histoire de nous rassurer, ces chiffres sont à des années lumières des autres directions de notre ministère. Pire encore, 63 % des agents des douanes pensent que leur situation personnelle va de dégrader dans les années qui viennent. Cela ne vous étonnera sans doute pas qu’à la suite de ses chiffres, 75 % des agents des douanes soient prêts à participer à des actions revendicatives. Si nous citons ces chiffres, ce n’est ni par bravade, ni par plaisir. Ils ne sont que le triste reflet de la situation que nous croisons chaque jour dans les services, même dans ceux de la direction générale, lorsque nous avons l’autorisation d’y pénétrer. Il s’agit aussi d’éléments qui ne nous sont pas inconnus et sur lesquels, avec beaucoup d’autres dans cette enceinte, nous avons essayé de vous alerter à de nombreuses reprises. Vous avez voulu faire des réformes mais celles-ci ne sont toujours pas acceptées par les personnels, même nos homologues du SNCD vous le disent. A aucun moment ce que vous osez encore nommer dialogue social ne s’est concrétisé. Et ce n’est pas la nomination d’un M. Dialogue Social en mai 2003 qui a permis à celui-ci d’éclore. Sauf à considérer que la multiplication des groupes de travail contribue à son expression, mais là nous sommes dans un indicateur quantitatif et non qualitatif. Vous avez mitonné les réunions, saucissonné plus encore les réformes et saupoudré quelques miettes, mais le plat reste indigeste. Dans le fond, vos réformes ce n’est pas le contrôle renforcé mais le renforcement du contrôle des agents. Bienvenue à la culture du bâtonnet, à la loi de la carotte et du bâton. Il faut néanmoins vous rendre cette justice, nous n’étiez et n’êtes pas seul aux commandes de cette galère. Entrent donc au panthéon de la réforme M. Mer et M. Sarkozy. Pour M. Gaymard nous avons quelques hésitations sur le montant de sa contribution. N’oublions pas M. Copé et, nous n’en doutons pas, M. Breton, au vu de ses fiers états de service, devrait lui aussi remplir son office. L’ensemble de ces éléments nécessite autre chose qu'un effort de pédagogie et de communication auprès des personnels et vous seriez mal avisé de penser qu'ils vous auraient mal compris. Car il n'y a que sur le papier que vos réformes semblent jusqu'à présent réussir; il vous reste le plus gros, convaincre ceux qui constituent la substance du service public douanier, à savoir les agents, qu'elles ont le semblant de pertinence que nous leur dénions. Ces agents, simples variables d'ajustements dont seule la motivation réelle maintient l’activité de la douane. Vous n'ignorez pas que la motivation ne se décrète pas d'un coup de baguette magique encore moins hiérarchique. Dans un contexte particulièrement morose, vous n'avez d'autres choix que d'écouter et satisfaire les revendications des personnels avant que la marmite n’explose. Cette pression, vous vous l'exercez vous même et devrez tôt ou tard l'assumer faute d’avoir écouté les représentants du personnels. Et comme toujours, pendant les travaux, la douane continue. |
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© Solidaires-Douanes 2006 |