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Déclaration préalable du CTPM du 10 novembre 2005

Monsieur le Président,

Depuis plusieurs mois, malgré les changements de ministre, la mobilisation des personnels du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie a été d’une ampleur exceptionnelle, que ce soit les 20 janvier, 5 février, 10 mars, le 16 mai et le 4 octobre dernier. Il semble qu’échappe à la vigilance de nos ministres que cette mobilisation au MINEFI est la plus forte dans l’ensemble de la fonction publique d’Etat.  Pourtant, dans tous les rendez-vous, les agents du MINEFI ont été à la pointe de la mobilisation avec 203.000 journées de grève au ministère depuis le début de l'année et quatre agents sur dix en grève le 4 octobre.

Malgré cette détermination forte, les ministres successifs déstructurent et déshumanisent les services, sans se soucier vraiment de l’efficacité de leurs réformes, sans se soucier non plus des agents et de ce qu’ils leur font supporter.

Tous ces chamboulements, mal préparés et aggravés par de prétendues simplifications, ne visent qu’à supprimer des emplois. Quant à «l’ambition sociale» de Thierry Breton elle demeure introuvable depuis le mois d’avril quand il ne tente pas tout simplement de maquiller la réparation, a minima, des préjudices subis (garantie du maintien des rémunérations). La patience des personnels a des limites.

Le temps de l’esquive est terminé. Les agents n’acceptent plus qu’en guise de réponse, le Ministère ne trouve qu’à transposer des mesures issues du privé, injustes et discriminatoires pour solde de tout compte (prime à la performance, prime d’intéressement, rémunération au mérite, médaille…).

Les personnels, puisque le message ne semble toujours pas entendu, ont décidé de venir le dire plus fort. Ils attendant toujours de réelles réponses à toute une série de revendications :

  • Arrêt des réformes en cours, des suppressions d’emplois, réelles négociations sur l’évolution des missions et de la modernisation du Ministère, des conditions de mise en oeuvre de la LOLF et redéfinition du contenu des contrats directionnels.
  • Revalorisation significative des traitements, mise en place d’un plan pluriannuel de créations d’emplois et de qualifications, revalorisation des régimes indemnitaires.
  • Attribution des moyens budgétaires indispensables au bon fonctionnement des services et à une réelle qualité de vie au travail (conditions de travail, dignité des agents…).
  • Garantie d’une véritable politique de services publics satisfaisant aux besoins sociaux sur l’ensemble du territoire et amélioration de la qualité du service public rendu, ce qui implique une autre approche fiscale notamment en matière de redistribution des richesses.
  • Abrogation du nouveau système de  notation.
  • Développement et sécurisation juridique des moyens assurant une protection sociale complémentaire de qualité.

Le ministère du changement perpétuel ne veut pas devenir virtuel. L’autel d’exemplarité que certains nous dressent pour mieux nous flatter ne se traduit que par la mise sur le billot de l’emploi public et la mise au ban des missions de service public.   

La FDSU affirme que la question du rôle de l’Etat et de la place des services publics revêt une importance particulière dans un pays où les exclusions et les inégalités ne cessent de croître. Les événements de ces derniers jours et le contexte dont ils sont le révélateur sont là pour nous le prouver. Il ne suffit pas de proclamer l’état d’urgence, encore faut-il en prendre la mesure.

Pour cela, les Services Publics sont des éléments indispensables à la redistribution des richesses et à la réduction des inégalités. De ce fait, leurs missions, leur organisation et leur fonctionnement doivent être déterminés avec un triple souci :

  • la proximité des services, l’égalité d’accès pour tous les usagers et la neutralité dans le traitement de leur situation,
  • la justice sociale,
  • la solidarité.

Subordonner les missions, l’organisation et le fonctionnement des services publics à une logique coût/rendement et à la réalisation de performances de plus en plus commandées par des contrats, conduit forcément à une réduction de l’intervention publique et par là-même à un traitement inégalitaire des usagers et à l’abandon de la satisfaction de besoins sociaux. Or notre ministère et ses agents ont dans ce domaine un rôle essentiel à jouer.

Chaque agent de ce ministère, bien noté ou mal noté, a conscience de son rôle essentiel pour la  cohésion nationale et la régulation sociale. Chaque agent est confronté à une même politique qui vise à supprimer, privatiser ou fragiliser les missions, réduire ou supprimer les services et diminuer les effectifs. Le discours officiel du « recentrage sur le coeur des missions » n’est que l’habillage d’une volonté toujours plus forte de laisser passer et de laisser faire.

Chaque agent de ce ministère sait que “Moderniser” ne devrait pas signifier détruire, que “réformer”, c’est améliorer, pas rendre impuissant ! C’est pour toutes ces raisons qui fondent leur attachement à la pérennité de leurs missions  que le 19 novembre ils seront nombreux à Paris pour défendre les services publics.

Parce que les ministres pensent que notre ministère doit être exemplaire, alors les agents seront exemplaires dans leur détermination et exemplaires dans leur mobilisation, tous ensemble, à Bercy le 29 novembre.  
 

© Solidaires-Douanes 2006