| |
Déclaration préalable au CTPC du 7 Novembre 2002
Bilan de la réforme des CI
La réforme des C.I., réforme lourde et complexe, avait
deux buts affichés :
- faciliter et simplifier les tâches de gestion pour les services
et les opérateurs.
- Permettre un accroissement des contrôles tant sur la plan qualitatif
que quantitatif.
Au moment où le parlement s'apprête à adopter un budget
augmentant une fois encore les accises et agrandissant du même coup
le différentiel fiscal de la France avec les pays européens
du sud, cette nécessité de contrôle se fait encore
plus pertinente. D'autant plus que le processus d'intégration de
dix nouveaux pays membres dans l'Union Européenne risque d'augmenter
encore les vecteurs de fraude dans ce domaine particulier qui représente
désormais une part considérable des recettes fiscales perçues
par la Douane.
Pourtant, dans le même temps, l'intégration des C.I. dans
le dispositif, voir l'esprit, douanier, ne semble toujours pas d'actualité,
presque dix ans après.
Les différents échelons de contrôle et de gestion
ne paraissent toujours pas avoir de traduction concrète dans le
schéma organisationnel. La technicité accrue demandée
aux agents exerçant dans ce secteur d'activité n'a pas trouvé
sa traduction, que ce soit en terme de formation professionnelle, d'encadrement
pertinent et efficient ou de régime indemnitaire. La disponibilité
des agents dans les conditions particulières d'exercice des missions,
dont les risques ne sont pas exclus, loin de là, n'a pas non plus
trouvé un régime de travail traduisant leurs efforts et
leurs contraintes.
Nous pouvons aussi nous étonner devant le manque criant d'effectifs
et de moyens de nombreux SACI face à l'ampleur de la fraude. Comment
ne pas s'étonner en regardant le tableau des redéploiement
d'effectifs depuis 2000 lorsque nous constatons que sur 145 emplois seuls
39 restent affectés à cette mission. Combien de centaines
d'agents disparus depuis 1993 ? Pourtant n'importe quel citoyen peut constater
dans les rues de nos villes la fraude aux accises, que ce soit sur les
alcools, le tabac ou encore les appareils automatiques transformés
en machines à sous, mais aussi toutes les fraudes connexes.
Que dire de la difficulté, encore aujourd'hui, d'articuler les
procédures issues du Code des Douanes et du Code général
des Impôts et de la problématique pour les unités
de surveillance devant le contrôle des produits soumis à
accises en mouvement sur notre territoire. De récentes affaires,
comme à Rouen, sont là pour nous le rappeler.
Et que dire, aussi, de la mise en musique de la LOLF qui oublie purement
et simplement un indicateur d'activité C.I.
Tous ces éléments sont connus, répertoriés,
analysés, décortiqués depuis de trop longues années.
Nous ne pouvons que nous féliciter de voir les possibilités
de contrôle élargies, comme vous avez pu l'annoncer suite
à la suppression du droit de licence. Mais, une fois de plus, les
moyens humains et matériels manquent. Nos structures sont inadaptées.
Seules la motivation extrême et la grande conscience professionnelle
de nombreux agents C.I. permettent aujourd'hui d'afficher des résultats
contentieux, bien en dessous des capacités réelles et des
besoins sociaux.
Vous affirmez, monsieur le Directeur Général, votre attachement
au maintient des débits de boissons dans le champ d'investigation
et de contrôle de la douane. Nous affirmons le nôtre aussi.
Cela ne pourra pas se faire dans l'économie des moyens humains
et matériels. A défaut nous condamnerions cette mission
à disparaître et, après le droit de licence, nous
verrions bientôt l'assemblée voter la suppression de l'impôt
sur les spectacles et de l'obligation déclarative des débits
de boissons.
|
|